Cyberattaques : le nouveau gouffre financier des collectivités Abonnés
L’impact financier : bien plus qu’une simple facture technique
Alors que les budgets locaux sont sous haute tension, l’équation économique de la cybercriminalité s’impose aux élus. Rançongiciels et territoires paralysés révèlent un coût réel bien supérieur aux seuls investissements numériques. La première facture se mesure en perte d’actifs immatériels. Ce n’est pas seulement du code informatique qui est détruit, mais de l’argent public qui s’évapore :
- masse salariale improductive : temps de travail gaspillé et équipes mobilisées dans l’urgence ;
- rupture des services publics de proximité : état civil, action sociale et gestion scolaire à l’arrêt, générant une désorganisation administrative extrêmement coûteuse.
Le constat est sans appel : le coût du sinistre dépasse systématiquement, et de loin, l’investissement préventif.
Pourquoi l’impréparation coûte-t-elle si cher ?
Une organisation cyber incomplète aggrave directement le préjudice financier selon trois leviers :
1. l’effet multiplicateur : sans détection rapide, l’infection se propage. Restaurer 100 % d’un système coûte dix fois plus cher que d’isoler une seule machine ;
2. le tarif de l’urgence : sans contrat-cadre ou expertise préalable, la commune est contrainte de solliciter des prestataires externes au « tarif de crise » (prix fort) ;
3. l’explosion des frais de remédiation : plus l’indisponibilité dure, plus la « facture de rétablissement » s’alourdit, grevant la capacité d’autofinancement de la collectivité.
Arbitrage budgétaire : prévenir pour ne pas subir
Face à la menace, une question se pose pour chaque décideur local : faut-il prévenir ou guérir ?
Pour une commune, le pire moment pour investir dans la cybersécurité est le lendemain d’une attaque. Sous la pression de l’urgence, les dépenses s’accumulent sans cohérence et viennent plomber un budget déjà exsangue. Investir aujourd’hui dans la prévention (solutions managées, audits, formation) n’est pas une dépense supplémentaire : c’est une assurance de continuité qui garantit la sanctuarisation du budget communal et la protection des deniers publics.
Hugues Farnoux le 29 janvier 2026 - n°571 de La Lettre des Finances Locales
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