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Conseil : face au durcissement du marché et au risque de résiliation unilatérale par les compagnies, les collectivités doivent passer d’une posture de simple «acheteur» à une véritable stratégie de maîtrise des risques.
1. Généralisez la pratique de l’auto-assurance pour le petit patrimoine
Vouloir assurer le moindre abribus ou local associatif contre tous les risques n’est plus tenable financièrement au vu des surprimes exigées.
• Le conseil : cartographiez votre patrimoine et optez pour le dispositif de l’auto-assurance sur les biens à faible valeur ou à faible risque (mobilier urbain, petits bâtiments de stockage). Au lieu de payer des primes à fonds perdus à une compagnie privée, provisionnez une ligne budgétaire interne d’auto-assurance en section de fonctionnement. En cas de sinistre léger, la commune finance directement les réparations, économisant ainsi le coût de gestion et les taxes de la police d’assurance.
2. Augmentez massivement le niveau des franchises pour faire baisser les primes
Pour conserver des assureurs sur vos risques majeurs (hôtels de ville, écoles, complexes sportifs), vous devez accepter de modifier le partage du risque.
• Le conseil : lors du renouvellement de vos marchés publics d’assurance, proposez d’augmenter significativement le montant de vos franchises (le reste à charge de la commune en cas de sinistre). Les assureurs détestent gérer la «sinistralité de masse» (les petits dommages répétitifs de quelques milliers d’euros) qui leur coûte cher en gestion administrative. En acceptant une franchise plus haute, vous rassurez la compagnie sur le fait qu’elle n’interviendra qu’en cas de coup dur réel, ce qui permet de négocier une baisse immédiate du montant des primes annuelles.
3. Lancez un plan d’audit technique de vulnérabilité avant vos appels d’offres
Pour obtenir des réponses à vos appels d’offres dans les zones à risque, vous devez prouver aux assureurs que vous limitez activement leurs risques de pertes.
• Le conseil : avant de publier votre cahier des charges, réalisez un audit de vulnérabilité de vos bâtiments principaux (systèmes anti-inondation, toitures renforcées contre la grêle, dispositifs de coupure d’urgence, capteurs thermiques). Joignez ce diagnostic de prévention à votre dossier de consultation. Un assureur répondra favorablement à une commune qui prouve qu’elle entretient son patrimoine et qu’elle anticipe les chocs climatiques, réduisant ainsi sa prime de risque par rapport à une collectivité passive.
4. Mutualisez les marchés de couverture à l’échelle intercommunale
Isolées, les petites et moyennes communes n’ont aucun poids de négociation face aux géants du secteur des assurances.
• Le conseil : transférez la compétence ou créez un groupement de commandes d’assurance au niveau de votre Établissement Public de Coopération Intercommunale (EPCI). En mutualisant le patrimoine de dizaines de communes au sein d’un même appel d’offres, vous créez un effet de volume attractif pour les compagnies. De plus, le risque est géographiquement mutualisé à l’échelle du territoire intercommunal, ce qui dilue la probabilité qu’un seul événement climatique détruise l’ensemble des actifs couverts, incitant les assureurs à soumettre des tarifs plus modérés.
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Hugues Farnoux le 30 juillet 2026 - n°583 de La Lettre des Finances Locales